jeudi 31 janvier 2013

LETTRE DE LAURENT BERAUD À FRANÇOIS HOLLANDE

Je ne suis pas un héritier. Je n’ai jamais disposé d’un franc, puis d’un euro que je n’aie gagné à la sueur de mon front. Je profite d’une aisance toute relative qu’il ne m’est possible de sauvegarder qu’en continuant à travailler – à 46 ans – dix heures par jour et 365 jours par an.
J’ai élevé de mon mieux mon gamin. J’ai toujours payé mes impôts sans un seul jour de retard et sans un mot de remerciement. J’ai financé des porte-avions que l’on ne m’a pas admis à visiter, des bâtiments officiels à l’inauguration desquels on a omis de me convier. Et ne voilà-t-il pas qu’un énarque, entretenu depuis sa majorité par les contribuables voudrait me faire honte de ce que je gagne avant de me déposséder de ce qui a échappé à la triple érosion du fisc, de l’inflation et des emplettes inutiles ! Je suis un créateur et un mainteneur d’entreprise. Je fais vivre des proches dont certains m’accompagnent depuis plus de vingt ans et que le président socialiste (puisque c’est de lui qu’il s’agit) projette implicitement de diriger vers le pôle-emploi. Or, en quoi ai-je démérité ? Ai-je volé quelque chose à quelqu’un ? N’ai-je pas donné au fur et à mesure que je recevais, persuadé que la dépense constituait le plus efficace acte social ? J’ai perçu quelques heures supplémentaires, mais aucune subvention. Je n’ai touché d’autre argent public que la maigre solde d’un «  première classe «  durant mes douze mois de service militaire. Je n’ai jamais bamboché aux frais d’une république qui examine à la loupe les additions de restaurants de ses dignitaires mais qui continue à les régler. Je n’ai jamais fréquenté de paradis fiscaux. On chercherait en vain la plus petite niche chez moi depuis que j’ai cessé d’avoir des chiens ! A la distribution des bonus, des stocks options et des dividendes, j’ai toujours été oublié. Mon casier judiciaire est vierge. Mon courage est intact. Je ne suis pas un damné de la terre. Mais je ne suis pas non plus un profiteur ou un esclavagiste. Je ne suis protégé de personne, sauf de ma clientèle a laquelle je dois la longueur de mon parcours. J’ai mes opinions mais je n’ai jamais adhéré qu’au parti des amoureux de la France. J’ai versé à la collectivité davantage que je n’en ai reçue : pas un jour de chômage. Je me situe sans honte mais sans fierté excessive dans cette classe moyenne qu’on souhaite faire disparaître en nivelant notre société par le bas.
Je refuse autant d’être culpabilisé par un politicien (qui voudrait que l’on prenne son inexpérience pour de la normalité) que la France accorde sa confiance à un homme que l’Europe prive de la sienne et qui, bien qu’ambitionnant d' être le gardien de la constitution ne paraît pas s’être préoccupé de la constitutionnalité de ses propositions.

Quant à moi, j’aurais nourri ma famille, bâti ma maison, planté des arbres. Mission accomplie. Et vous Mr Hollande ? Jusqu’où irez-vous ?

Laurent Béraud

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